Goodmoods devient Beaubourg,  en savoir plus

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    Vitesse

    MOOD Caliente
    ROBE Desigual
    ÉMOTICONE Piment
    BOISSON Gaspacho

    Plus on va vite, moins on a le temps.

    • Auteur
    • Louise Van Praet

    Ce paradoxe du phénomène d’accélération, étudié par le sociologue allemand Harmut Rosa, naît du constat que nos comportements et nos pratiques au sein des sociétés post-modernes convergent vers une injonction à la vitesse. Nous sommes contraints de nous adapter à ce rythme croissant, entraînant un vertige et une perte de sens. Comment continuer à penser et à rêver quand autour de nous tout va trop vite ?
    Ce phénomène social est aussi un phénomène de style. Les speedcats de PUMA, un modèle conçu en 1988 pour les pilotes de Formule 1, est aujourd’hui réactualisé par la marque qui multiplie les nouveaux modèles et les ventes ; mais aussi vestes de moto, textiles techniques et lunettes de vitesse : l’esthétique de la rapidité s’empare des vestiaires. Au-delà du style sportwear, issu des cultures hip-hop et skate, c’est plus spécifiquement la tendance du runwear qui se développe aujourd’hui. La pratique du running, à l’origine individuelle, devient désormais un sport collectif qui se hisse au rang de lifestyle. Poussé par des clubs et des lieux de rassemblement en ville, il s’est converti en identité qui se montre, un terreau fertile à investir pour les marques.
    Les espaces urbains se dressent comme des dispositifs spatiaux qui conditionnent le corps à rester en mouvement. Les concepts de cafés et de repas à emporter s’illustrent depuis plusieurs années comme des lieux de consommation express. Comptoirs, petits espaces, sièges inconfortables, bornes et menus en QR code : tout est pensé pour accélérer le passage et décourager de s’attarder. Une consommation en vitesse qui ne se situe pas que dans nos assiettes. Le speed watching, la lecture des contenus en x2, est aussi devenue une habitude, au point que les plateformes comme TikTok, Netflix ou Youtube ont intégré cette option dans leurs paramètres. Un sentiment d’urgence semble nous habiter et nous pousser à précipiter nos vies.
    La vitesse nous fascine, comme le montre le succès grandissant de la Formule 1, on aime la regarder, tout en restant nous-même immobile. Cette posture de passivité, adoptée également dans nos usages de l’intelligence artificielle, qui agit à notre place, soulève une certaine contradiction : notre culture de la vitesse, et la peur de l’inactivité qu’elle trahit, semble pourtant nous inviter à nous même ralentir, à rester spectateur face à notre désir d’efficacité.

    Running club culture : courir pour appartenir

    • Auteur
    •  Annabelle Tissier

    Courir à tout prix, sous le soleil comme sous la pluie. Avec des inconnus, ou entre amis. C’est le nouveau leitmotiv des générations citadines. Hier encore appelés « joggeurs  » ou « coureurs  », les « runneurs  » aujourd’hui nommés font glisser la course à pied vers un territoire plus large. Un terrain fertile pour les marques, qui y voient l’occasion de fédérer des cercles d’initiés. Mais entre massification et élitisation de cette pratique, le double discours montre que la course devient moins un engagement de fond qu’une tendance à esthétiser.

    Du jogging au running

    *Le mot vient du verbe anglais to jog (trottiner). Il se popularise dans les années 60 aux États-Unis, notamment avec Bill Bowerman, cofondateur de Nike, qui publie en 1967 le livre Jogging.

    Une forme de déplacement s’est opérée entre les deux mots. Avant, le « jogging »* renvoyait plutôt à quelque chose d’introspectif : courir seul, se vider la tête, souvent dans des espaces « respirants ». C’était une pratique fonctionnelle et silencieuse, quasi anti-sociale. Mais quand on parle de « running », on pense instantanément à un phénomène culturel plus large. Car dorénavant, les runneurs se rencontrent à travers des crews, ou à défaut, sur Strava pour partager leurs performances. Ils accordent leurs vêtements, synchronisent leurs montres connectées. Le passage du « jogging » au « running » raconte autant une évolution de la pratique, qu’un changement de la manière dont elle est perçue socialement.

    Les crews et l’esthétisation (urbaine) de la course.

    Alors que les interactions se digitalisent, la course à pied offre un espace de connexion, où le corps rencontre d'autres corps. La course à pied devient un espace où créer du lien, où s’identifier et s’exprimer. Courir, ce n’est plus seulement une manière de se dépenser, c’est une façon d’appartenir. Une tendance cristallisée par les « running clubs ». Les précurseurs, Adidas (Adidas Runners) et Nike (Nike Run Club), ont popularisé le concept avec des communautés massives et des coachings gratuits. Ils ont été les premiers à faire de l’appartenance, un critère plus fort que la performance.
    Une nouvelle génération de clubs a depuis rebattu les cartes. Des collectifs, plus petits, plus affinitaires, fonctionnant comme des micro-communautés très identifiées à l’instar de NAKED Copenhagen Active (lancé par le concept store féminin danois) et le Blue Track Club (indépendant), alliés à Adidas, agissent comme des prescripteurs, plus que comme de simples médias. Le partenariat ne relève plus du sponsoring classique : la marque finance, équipe, active des expériences, mais laisse au club son identité et sa direction. En échange, elle accède à une production collective de contenus organiques, bien plus crédible que n’importe quelle campagne.

    Les marques d’habillement technique spécialisées ont vite pris le pas. Elles viennent codifier un peu plus le mouvement avec leurs clubs auto-brandé, et affirment un ton et un territoire d’expression. Chacune avec leur propre registre : Satisfy et son esthétique grunge, Zono et son approche régressive, Tracksmith et son héritage Ivy League, District Vision presque méditative, mais aussi Saysky, Minted, Soar ou Bandit… 

    Zono

    Hoka

    Les entreprises entrent elles aussi dans la course avec des runnings clubs internes organisés par les employés via les plateformes professionnelles Slack ou Teams. Ils fonctionnent comme des clans fédérateurs qui renforcent les liens entre collaborateurs. 

    L’agence de branding Saint-Lazare a monté son « Saint Laz Athletic Club » : sorties hebdo et merchandising léché. Même les acteurs de fast fashion ont fait leur entrée en scène, à l’image d’H&M qui, après les sessions de Pilates entre influenceurs, a organisé des sorties running collectives pour le lancement de sa gamme « H&M Move » à Barcelone.

    Le runwear, nouveau streetwear ?

    La course à pied suit une trajectoire similaire à celle du streewear, qui, porté par des scènes marginales (skate, hip-hop, rap) dans les années 1990, a progressivement infiltré les collections des grands acteurs de la mode. Comme lorsque le hoodie et la sneaker ont quitté le registre subculturel pour arriver dans les sphères les plus aisées, les équipements techniques sont sortis du cadre sportif pour se porter en ville, et deviennent ainsi des marqueurs de goût. L’objet ne se limite plus à sa fonction technique ; il devient un signe visible d’identification à un univers, à des valeurs et à une communauté. 

    Là où le streetwear avait envahi les rues et généré des files d’attente devant les magasins à chaque drop, les pièces de running connaissent elles aussi une élévation par le luxe, avec notamment des collabs comme Satisfy x Hoka, On x Loewe, Nike x Off-White qui renouent avec la culture drop.

    Une manière d’investir la ville et les espaces physiques autrement

    Les lieux d’hospitalité se sont, eux aussi, saisis du phénomène. Le running s’invite désormais à la croisée du coffee shop et du retail, dans des espaces où l’on prolonge la course par la rencontre. Café de quartier, boutique hybride, salon d’écoute ou même salle de projection : autant de formats qui transforment l’effort en moment partagé.

    Renegade Running, Silver Lake

    Bandit West Village, NYC

    Ces espaces physiques offrent un modèle de la manière dont les marques, les communautés et les villes peuvent se rencontrer en proposant ce que le numérique ne peut pas : des expériences incarnées, des connexions spontanées et des espaces conçus pour le rassemblement plutôt que pour les seules transactions. 

    Gatekeeper (culture populaire) : terme péjoratif désignant un ou une expert autoproclamé d'un domaine donné de la culture populaire, qui en interdit l'accès aux autres parce qu'il se sent dépossédé de son savoir ou de sa mainmise sur ledit domaine.

    Mais ces espaces, à l’instar des équipements, cultivent une esthétique toujours plus léchée, loin d’une course hier peu codifiée. Le risque : faire tomber un sport initialement accessible, dans l’élitisme et le gatekeeping*. Ces micro-communautés, à force de s'identifier à des lieux et des références d’initiés, rassemblent autant qu’elles filtrent. 

    [spid-reun] nom angl.

    01.

    L'art de traverser une tendance, un projet ou une époque en accéléré, sans prendre le temps d’en comprendre les règles, mais avec l’ambition d’arriver avant tout le monde.

    02.

    Version contemporaine du « vite fait bien fait » : optimiser chaque étape, supprimer les détours, compresser l’expérience pour atteindre le résultat le plus rapidement possible.

    Le pit-stop

    • Auteur
    • Soège Lecocq

    Deux secondes. C’est le temps d'arrêt optimal au stand qu’une équipe de F1 vise pour changer la gomme d’une monoplace durant un pit-stop. Chaque fraction de seconde est essentielle pour faire gagner de précieux centièmes au pilote durant un Grand Prix.

    Dans cet intervalle presque irréel, une vingtaine de mécaniciens s’agitent avec une rigueur extrême autour de l’engin. Deux stabilisateurs de chaque côté, huit porte-pneus (un pour retirer l'ancien, et un pour positionner le nouveau), quatre changeurs de pneus (ceux qui donnent le coup de pistolet pneumatique), deux mécaniciens qui s'occupent des crics à levier à l’avant et à l’arrière pour soulever la voiture, et un pompier qui se tient prêt avec un extincteur. Tous forment durant ces deux secondes primordiales, une même unité, un organisme en symbiose avec un but : renvoyer la voiture à plus de 200 km/heure avec de nouveaux pneus.

    Chaque geste est synchronisé au millimètre près. La voiture s’arrête sur sa marque. Les crics la soulèvent. Les pistolets hurlent. Les écrous sautent. Les pneus quittent les moyeux, d’autres s’y verrouillent. Mais l’un d’eux est particulièrement décisif : celui du pistolet pneumatique qui verrouille l’écrou de roue. Celui-ci tient dans un seul bruit. Sans ce clic, la chorégraphie s’effondre. Une fraction de seconde à peine visible mais dont dépend toute la relance et la stratégie de course.

    Camille Cerutti

    Skieuse alpine

    Doriane Pin

    Pilote automobile

    Quand vous êtes à votre vitesse maximale, que se passe-t-il dans votre esprit ?

    CC

    C’est un ressenti indescriptible… je suis partagée entre l’adrénaline, l’envie d’aller encore plus vite et le bonheur de vivre de pareilles sensations. À chaque fois que je vis ce moment et que je passe l’arrivée, j’ai envie de le revivre encore. C’est comme une drogue !

    DP

    On monte à des vitesses folles : aux 24 Heures du Mans, par exemple, on dépasse les 320 km/h. Et paradoxalement, à l'intérieur du cockpit, on ne se rend pas vraiment compte de la vitesse. C'est au moment du freinage, quand on réalise qu'on arrive à 300, qu'on la sent. Mais c'est aussi le moment où mon esprit est le plus silencieux, le plus calme. Parce que je suis dans mon élément, dans une sensation de maîtrise. À l'intérieur de la voiture, tout se passe comme au ralenti. Je suis capable de décomposer chaque geste, d'avoir conscience de chaque mouvement, de chaque décision, à la seconde. Même quand tout va très vite et qu'il faut trancher en un instant, parfois à l'instinct. On fait énormément de choses en même temps : on touche aux réglages sur le volant, on gère nos repères, les voitures autour, le virage qui arrive…

    Au moment où vous vous élancez, ressentez-vous de la peur ou un sentiment de risque face à l’allure que vous devez adopter ?

    CC

    Bien sûr que j'ai peur. Pour moi c'est normal, sinon c'est de l’inconscience. Mais ce n'est pas une peur qui paralyse. C'est une peur qui me permet de me concentrer, qui m’oblige à faire les choses dans le bon sens et à ne pas prendre de risques inutiles. Et quand j'atteins mes objectifs, que je vais encore plus vite que la fois d'avant, j'en suis d'autant plus fière.

    DP

    On sait qu'on fait un sport à risque, et que le risque fait partie du jeu. Mais personnellement, je n'y pense pas. Même sur des circuits chargés d'histoire, où il y a déjà eu de gros accidents. Parce qu'on est conscient de la vitesse à laquelle on va, et qu'à 100, 200 ou 300, le résultat peut être le même. C'est tout l'enjeu de notre sport : à chaque instant, on évalue le taux de risque face à la performance. On sait quand on maîtrise et quand on maîtrise moins, et plus on a d'expérience, plus on sait doser.

    Est-ce que la vitesse est quelque chose dont vous ne pouvez plus vous passer ?

    CC

    Bien sûr, je suis forcément heureuse de prendre des vacances, de passer du temps avec ma famille, mais dès que la saison de ski s’arrête, je suis en manque. C’est pour ça que je profite de chaque descente pour prendre le maximum de sensations. Cette année, le jour où j’ai décroché le titre de championne de France de super-G, j’étais à la fois très heureuse de ma course mais je regrettais déjà la dernière piste avec mes skis de vitesses de la saison. Je ne sais pas si un jour cet attrait pour la vitesse s’estompera, mais je sais que je chérirai ces moments ma vie entière.

    DP

    Ce sport, c'est l'endroit où je me sens le mieux, le plus épanouie, le plus moi-même. Au-delà du pilotage pur, il y a tout ce qu'il y a autour : ce qu'on accomplit en équipe, le fait de se sentir acteur du résultat. Et surtout, tu apprends sur toi-même. À chaque course à haute vitesse, tu te dis : aujourd'hui, j'ai pris des risques encore plus gros que ce que je pensais pouvoir prendre, parce que j'en suis capable. Tu repousses tes limites à chaque fois. C'est de ça qu'on est vraiment accro.

    [Typologie]

    Lunette

    [Année]

    2000

    [Modèle]

    Over the top

    01

    Faut-il désormais compter sur les lunettes de vitesse pour avoir bonne allure ? Échappées des pistes d’athlétisme, vélodromes et autres running clubs, elles se sont (très) vite emparées des podiums. Si les marques Gucci, Dior ou Versace se sont toutes mises aux lunettes de sport, c’est à Oakley que l’on doit la paternité du genre. Avant James Jannard, fondateur de la marque, les coureurs du Tour de France portaient des lunettes de moto… ou des Ray-Ban s’ils étaient attachés au style.

    Test légende image — P

    02

    La première paire de lunettes de vitesse signée Oakley sort en 1984. Comme elle, les modèles suivants affichent tous  de hautes exigences techniques (la marque a breveté près d’un millier d’innovations, dont l’Unobtainium®, qui permet l’adhérence en toutes circonstances) et esthétiques.La paire la plus spectaculaire de la marque est découverte par le monde entier en 2000, lors des Jeux Olympiques d’été de Sydney. C’est le début de l’histoire d’une pièce visionnaire, hors-norme, la Over The Top, qui a fêté ses 25 ans l’an dernier sans cesser d’appartenir à un futur qui nous dépasse encore.

    03

    Pas de branches traditionnelles, ni de shield (verre panoramique qui couvre les deux yeux, typique de ce genre de lunettes) : la Over The Top se porte à la manière d’un casque constitué de deux arches qui, comme son nom le suggère, surplombent le crâne. Une façon d’empêcher tout rebond sur le visage du sportif, malgré un matériau très léger, l'alliage O Mater® breveté par Oakley. « Statement piece » s’il en est, son design est radical. Entre le space-age et la pure science-fiction, le modèle rend justice au surnom de son créateur, James Jannard, dit le « mad scientist ».

    04

    Après avoir été portée aux JO de 2000 par l’athlète médaillé Ato Boldon et son coéquipier Niconner Alexander, la paire a fait son entrée au cinéma, dans les films Blade 2 et Spy Kids 3. Son look de cyborg biomécanique aura depuis séduit bien des sportifs, artistes et personnalités du monde de la mode : Andre 3000, Kylian MBappé, Julia Fox… En 2025, le modèle fêtait son anniversaire avec une réédition, en collaboration avec la marque brésilienne P. Andrade. Une édition limitée à 20 paires.

    Le catalogue d’exposition de RBAN

    • Contributeur
    • Studio Rban

    RBAN est un studio danois lancé en 2024 à Copenhague par Roberta Brøndsted et Alberte Nørgaard. Sept femmes, des expertises multiples, un champ d’action qui regroupe principalement le stylisme, la direction artistique et la curation d’évènements. Collier de perles sur veste Adidas, manteau en fourrure et paire de créoles, RBAN assemble les pièces dans un mélange de registres, alliant le chic coquette au sportswear. De la scène musicale scandinave aux projets mode internationaux, le studio déploie son style dans des territoires variés. Leur projet récent avec le studio SOFMEDIA pour la campagne 75 YEARS OF SPEED de la marque PUMA en collaboration avec la Formule 1 avait déjà dessiné une vision créative autour de la vitesse. Dans le rythme effréné de la vie de studio, elles ont pris le temps, entre deux projets, de penser la curation de cette exposition.

    Sliverbike

    Vélo de route

    PolarisGo

    Limited-edition chair

    Jean Paul Gaultier

    Women’s backpack leather jacket

    Fenty x Puma

    Cat Cleat Jelly Women's Shoes

    Daniel Arsham - Mercedes Benz

    Steering Wheel 2015

    MateMate

    Boisson au maté

    Polaroid camera

    Appareil photo

    Puma - H-Street Ballet

    Basket

    Blouson cuir racing rouge

    Ferrari - Blouson biker en cuir nappa, rouge racing

    Crop top blanc

    Diesel – T-shirt boxy avec logo Oval D ajouré

    Lunettes F1 rouge

    Gentle Monster – Disney F1® - Wing 4 R13

    Mini-jupe vinyle jaune

    Courrèges – Reedition Vinyl

    Casquette racing noire

    Ferrari

    Sneakers racing

    PUMA – Speedcat